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  • Mona

Guerres de méthodes, mieux comprendre le monde canin d’aujourd’hui ?





Cet article n’a pas pour vocation d’émettre un jugement mais bien d’exprimer une réflexion personnelle autour du sujet.


Définition : Le travail des éducateurs canin revient prioritairement à aider l’humain à comprendre son chien, voir à régler les problèmes que celui-ci peut lui poser. Tout cela est mis en place par une méthode universelle appelée « l’éducation canine ».


Pour commencer, L’éducation, c’est quoi ? Selon google c’est une « Mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement d'un être humain (ici du chien) et les moyens pour y parvenir ». Ok, donc un moyen, une trame, quelque chose qui évolue dans le temps avec un objectif précis. Je veux que mon chien revienne au rappel, je vais mettre en place des moyens, une trame pour atteindre cet objectif. Maintenant qu’on a trouvé celui-ci, il va falloir définir nos moyens. Et c’est là que ça se complique. Quoi, comment et quand mettre en œuvre cela ?

C’est ici qu’intervient les innombrables « méthodes ». De la méthode naturelle à la méthode gun, de la méthode R+ à la méthode « sans friandise » et enfin la méthode dite « positive », on en a des tas et des tas. Et il n’est pas rare de voir les éducateurs se targuer de celles qui leur « appartiennent ». Ok, mais concrètement ça veut dire quoi tout ça ? Si l’on étudie les méthodes de chacun qu’elles soient coercitives ou positive on se rend compte que chaque humain, par son expérience et par ses connaissances acquises, a simplement tenté de comprendre et de trouver des « moyens »/solutions pour aider les chiens à évoluer dans le monde humain. Et je suis persuadée que tous ces éducateurs ont tout donné pour le seul et unique objectif du bien être du chien. C’est ce qui nous réunit tous dans cette passion d’ailleurs...

Le même schéma revient donc, un objectif, et la recherche de moyens pour y accéder. Maintenant entre en compte une chose indispensable : l’évolution et la remise en question. Bon. Ça c’est plus compliqué. Par exemple : je suis un éducateur depuis 20 ans. Depuis 10 ans j’exerce la même méthode et cela fonctionne. Mes moyens mis en place semblent être adaptés et donner des résultats, pourquoi je changerai ? A titre de comparaison imaginons un professeur de maths. Celui-ci, au début de sa carrière s’est confronté à des enfants qui ne souhaitaient pas travailler. Après plusieurs essais il s’est rendu compte qu’en réalisant des interrogation chaque semaine les enfants travaillaient. Et là, BINGO ! Il a trouvé sa méthode de travail qui mène à son objectif : faire bosser les enfants. Si nous revenons au milieu canin, c’est pareil.

Depuis quelques années, un seul problème a commencé à venir titiller ces nombreux éducateurs aux méthodes « qui marchent » : LE RESPECT du bienêtre animal et les connaissances éthologiques actuelles. Parce que oui, c’est bien connu, le respect est un problème. Pourquoi me diriez-vous ?

Parce que le respect est un élément qui impose des moyens et une trame quasi prédéfinie en contradiction avec de nombreuses méthodes. Bien que les études scientifiques traitant durespect du chien existaient déjà il y a de nombreuses années, elles ont été de plus en plus nombreuses ces derniers temps. Pour cet éducateur qui, depuis 20 ans, apprend la marche en laisse avec des colliers étrangleurs, il risque de se retrouver totalement perdu et sans aucune arme à son arc pour atteindre ses objectifs. C’est comme dire à ce prof de maths que d’un jour à l’autre il ne doit plus voir ses élèves comme des enfants turbulents travaillant que par la contrainte mais qu’il doitdésormais les motiver à travailler. Eh bah.. il ne sait pas comment faire, et on ne lui a jamais appris d’ailleurs.

Attention, je ne dis pas qu’il n’a plus de moyens, mais bien qu’il doit aller en chercher ! Et ça, bah.. c’est pas donné à tout le monde. On revient sur cette notion d’évolution et de remise en question. Tout le monde n’a pas été formé à se renseigner, à évoluer, à comprendre tout ce qui se fait aujourd’hui. Surtout qu’en plus de changer toutes ses armes, il va falloir du temps pour les assimiler et savoir les utiliser.

C’est bien la chose qui est reprochée aujourd’hui entre les éducateurs. Outre la concurrence parfois déloyale, la gueguerre « éducation positive » et « éducation traditionnelle » se traduit simplement entre ceux qui ont réussi et qui ont eu l’envie de comprendre l’éducation d’aujourd’hui, et ceux qui ne souhaitent pas évoluer par peur -le plus souvent- de perdre leurs armes.

Alors maintenant, quand je tombe devant un éducateur coercitif je réagis comment ? D’abord je souffle, puis j’essai de comprendre quelles sont ses méthodes, pourquoi il en est arrivé là. Puis j’essai, sans tenter de convaincre absolument, de l’orienter vers d’autres méthodes, d’autres idées plus éthologiques et plus respectueuses du chien. Forcément que commenter sa publication « Ah bah BRAVO le collier étrangleur vous avez pas honte ?!!!!! » ça va l’aider à avancer….. N’oublions jamais que nous avons tous, autant éducateurs canin que nous sommes, le même objectif : aider l’humain à intégrer au mieux le chien dans notre monde. Alors maintenant, tentons d’aider ces éducateurs, si bien qu’ils le veulent, à évoluer vers le respect.




SAGEL Mona, ,Cyn’esprit - Tous droits réservés, Décembre 2020.

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