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  • Mona

Tiens, et si on allait se promener ?

Dernière mise à jour : janv. 14





ARTICLE 2.


Depuis quelques temps j’entends et lis beaucoup d’article sur « comment promener son chien ». Entre le choix de laisse, de longe, la liberté, parler, ne pas parler, ignorer, rappeler, je trouve qu’il y a beaucoup d’informations sans vraiment comprendre l’intérêt de la « balade ». J’entends par là une promenade non destinée à un travail de sociabilisation ou de rééducation quelconque.

Avant tout la balade est pour qui ? C’est peut-être une question qui vous semble bête mais on a rapidement tendance à oublier qu’elle est là pour le chien. Eh oui, c’est parfois même sa seule occupation de la journée. Maintenant si je vous pose la question : Comment pensez-vous que votre chien aime se balader ? Beaucoup répondrons « il aime bien renifler les odeurs, courir, jouer avec les autres chiens etc… ».

D’accord. Et vous… ? Comment aimez-vous balader votre chien ? La question est toute autre. Vous êtes-vous déjà posé cette question ne serait-ce qu’un instant ? On en revient aux besoins fondamentaux du chien, qu’ils soient d’ordre de la survie, du social du physique, et/ou du psychologique. Quand je vois nombre de propriétaires promener leurs chiens en laisse courte de 1,20m voir moins, chien au collier, à un rythme de marche militaire je me demande bien comment le chien peut profiter de sa balade. Premièrement le rythme (Ah parce que y’a un rythme maintenant ?). Vous considérez vous promener à quel rythme ? Rapide ? Lent ? Au pas ?. Et votre chien ? Il se promène à quel rythme ?. Je sais, c’est chiant tout ça mais pourtant dieu sait que c’est important. Il faut savoir que votre chien, aussi adaptable soit-il, possède un rythme de balade qui lui est propre. Certains aiment parcourir les odeurs aériennes à une vitesse assez rapide et s’arrêter tout d’un coup sur un trou de taupe afin d’y rester renifler 10 minutes. D’autres trainent la patte, le nez au sol, prenant les odeurs de tous les chiens passés dans la journée. C’est ce qu’on appelle les rythmes. Et il est très intéressant de savoir à quel rythme votre chien aime sa balader afin de le rendre sa balade la plus agréable possible. Prenez le temps d’observer votre chien, d’observer sa distance à laquelle il s’arrête pour vous attendre. Privilégiez la longe pour laisser le maximum de liberté. En second, avez-vous déjà remarqué la posture dans laquelle un chien renifle une odeur et à laquelle il la quitte ? J’ai remarqué cela avec le temps et me suis rendue compte que l’humain avait cette fâcheuse tendance à « presser » les chiens. Comme si une promenade devait forcément avoir un point A et un point B. Pourquoi avons-nous développé cette obsession à marcher ? A aller vers l’avant ? Je défi quiconque de me dire qu’il n’a jamais dit à son chien « aller on y va dépêche-toi » à son chien bloqué sur une odeur depuis 2 minutes. Dépêche-toi ? Mais pourquoi se dépêcher ? Si vous avez un train, bon..ok je peux comprendre. Mais sinon ? C’est un phénomène très fréquent que l’on retrouve ces derniers temps lors dans balades collectives. Outre le phénomène de sociabilisation ou de rééducation d’un chien/chiot, l’intérêt d’une balade collective n’est rien d’autre que d’occuper le maître à discuter avec ses copains pendant que le chien fait « sa balade » ( je parle bien sûr des balades quelconques et non des balades éducatives). Malheureusement cela donne souvent lieu à des balades de chiens qui n’aiment pas forcément cela, ou qui n’en ont rien à faire des autres chiens (si peut que ceux-ci soient codés). Par ailleurs connaissez vous le phénomène du « Non sors de là ! » dès que mon chien se roule dans quelque chose ? « Beurk mon chien va puer la mort en rentrant. » Et à vrai dire, à part dans l’unique but que l’humain garde sa superbe Mercedes classe C à 58 000€ en état, quel intérêt d’empêcher un chien de se rouler dans quelque chose ? Les hormones du bonheur qui se créent à ce moment sont incomparable et méritent d’être renouvelées. Alors bon dieu, laissez-les se rouler dans des bouses de vaches, laissez-les revenir fièrement vers vous l’air benêt avec le cou totalement noir de selles. Il sentira mauvais certes, mais il sera heureux, et -je le rappelle- c’est l’objectif de cette balade.

Un autre point maintenant un peu plus controversé mais tout aussi intéressant est cette idée de laisser le chien chasser (ou faire de la prédation). D’un point de vu personnel, l’adrénaline et les hormones secrétées lors d’une séquence de prédation ou de chasse fait partie intégrante des besoins primordiaux du chien. Bien que l’humain tente de supprimer l’entièreté (ou presque) des patrons-moteurs (instincts) de nos chiens, je pense (comme nos chats) que leur laisser accès à une partie de ces séquences de prédation leur est favorable. Bien évidemment je ne parle pas de leur laisser manger une poule (même si certains adorent cela) mais plutôt tout ce qui est de l’ordre du patron moteur de la recherche, du pistage, de creuser les trous de taupes, de suivre l’odeur d’un lapin passé il y a peu. EVIDEMMENT je pèse mes mots et je considère que ces « laisser faire » sont d’ordre du réfléchi et ne correspondent absolument pas à des chiens possédant des instincts déjà très ancrés auquel cas la sécurisation par le biais d’une longe au sol attaché à un harnais de préférence est obligatoire.

Suite à une promenade hier dans les bois avec ma chienne, j’ai pu vous filmer quelques séquences retraçant ce que j’ai écrit ci-dessus. On remarquera que je ne parle pas, ou jamais. Sur la première vidéo je marche à un rythme très lent et on observe parfaitement Gaïa se retourner plusieurs fois pour m’attendre. Je traduirais cela comme un « aller vient vite je t’attends ! ». J’ai donc accéléré un peu le rythme et elle s’est sentie plus à l’aise. Par ailleurs, m’arrêter nettement semble la déranger car le statique n’est jamais un signe de zenitude. Alors quand elle s’arrête renifler je ralenti, tout en marchant. Sur la seconde vidéo Gaïa a repéré une piste. Je m’arrête en silence et attend de voir ce qu’elle va faire. Elle semble pister les écureuils car elle a le nez en l’air. Je la suis et par le biais de ma posture et de mon attitude je lui montre que je peux la suivre sans la déranger, qu’elle a liberté d’aller où elle veut. La 3e vidéo vous montre l’autonomie que prend Gaïa (quand on compare à la première vidéo ou elle m’attendait tous les 3m) en fin de balade. Elle a compris que je ne la rappelais pas, que je n’étais pas stressé ni pressée d’avancer et elle peut profiter pleinement de sa balade. Enfin, en revenant à la voiture elle est tombée sur des glands, un fruit qu’elle adore pour jouer (elle n’en mange pas rassurez vous aha). Donc elle m’a demandé une interaction ce à quoi j’ai répondu par une demande d’aboyer. C’est un échange, on travaille ensemble.

Pour résumer, Gaïa pendant cette balade : -S’est roulée dans un crottin de cheval, ce à deux reprises -A fait la course contre moi dans les hautes herbes -A suivi la piste d’un écureuil et a pris confiance en elle ainsi qu’en moi sur sa capacité à faire les choses par elle-même -A creusé un trou de taupe pendant presque 5 min, je suis même venue l’encourager en lui disant qu’elle pouvait creuser encore et encore -A joué à poursuivre des glands avec sa maîtresse -A fait ses besoins -A rencontré un chien, cul à cul, et se sont ignoré tout bonnement.

Bref, je pense qu’elle va bien dormir après cette promenade !

Et vous, comment votre chien aime se balader ?




SAGEL Mona Entreprise Cyn’esprit (Gironde 33). cynesprit@gmail.com 06.87.95.84.70

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